Le déni du politique

Au moins 24 fois, nos dirigeants ont voulu nous faire croire que la pandémie était « sous contrôle ». C’était presque toujours faux.

« C’est sous contrôle ».

Ce mantra a été répété à plus de vingt reprises par le premier ministre, François Legault, depuis le début de la pandémie.

Les données, la réalité sur le terrain et les semaines qui ont suivi ont la plupart du temps démontré le contraire. La liste chronologique plus bas. Attachez-vous, ça fait mal à lire.

On peut dire qu’au tout début, on ne le savait pas vraiment. Mais à un certain moment, l’aveuglement devint volontaire.

La dernière fois que le M. Legault a dit que c’était « sous contrôle », c’était le 10 décembre, il y a un peu plus de trois semaines. Le Québec venait de rapporter plus de 2000 nouveaux cas pour la première fois en près d’un an. Ça montait vite. Les hospitalisations commençaient à remonter pas mal aussi. En plus, un nouveau variant hyper contagieux s’installait.

On était plusieurs à sonner l’alarme depuis quelques semaines qu’on risquait de payer un fort prix pour notre insouciance de l’automne, pour notre refus à adopter des mesures peu invasives, mais qui auraient donné un bon coup de main. En tout cas, qui nous auraient un peu mieux préparés.

Mais M. Legault n’a pas bronché : « Le Québec est dans une ‟zone qui est sous contrôle” », disait-il alors.

Ce n’était pas vrai. Et c’était facile à voir, pour quiconque voulait le voir, dans les données que le gouvernement publiait chaque jour, et en regardant ce qui se passait en Europe.

Mais le politique était en déni. Encore. Et ce déni s’est poursuivi au-delà de ce qu’on aurait pu imaginer.

Le 28 décembre, alors que les cas et les hospitalisations explosaient, le ministre de la Santé, Christian Dubé, cherchait les bonnes nouvelles où il pouvait. Selon lui, la situation aux soins intensifs était « encourageante ». Le nombre de patients hospitalisés pour la covid aux soins intensifs venait de monter de 30 % en une semaine… Évidemment, la hausse s’est poursuivie.

La cerise de l’aveuglement volontaire a été posée sur le gâteau du déni le 30 décembre, quand François Legault a annoncé le couvre-feu. Le Québec s’était fait prendre les culottes à terre par une vague qu’on voyait venir depuis l’autre côté de l’océan, telle un tsunami télégraphié.

Ça n’a pas empêché le premier ministre, qui défendait une mesure essentiellement symbolique et non appuyée par la science ou les données, de soutenir que le Québec était « en avant de la parade ».

À ce stade-ci, le seul point pour lequel le Québec était « en avant », c’était pour les contaminations quotidiennes à la covid, qui faisaient de nous la province la plus touchée, encore une fois, et de loin. Pour les hospitalisations, ça n’était plus qu’une question de temps. Pour les décès, aussi.

***

Cette chronique n’est pas un texte sur la ventilation des écoles, qu’on attend toujours. Ce n’est pas non plus un texte sur les tests rapides déployés en retard, la troisième dose donnée en retard ou sur les masques N95 autorisés en retard pour les travailleurs de la santé, ni sur toutes les fois où le Québec a regardé la « parade » lui passer sur le corps avant de décider de faire quelque chose.

C’est une chronique sur le déni du politique.

C’est la chronique d’une trentaine d’occasions depuis le début de la pandémie, où nos dirigeants ne comprenaient pas ce qui se passait ou ne voulaient pas le voir, et ont plutôt choisi de nous endormir ou de s’endormir eux-mêmes.

« C’est sous contrôle. »

Cette ligne de communication politique a été reprise par le premier ministre Legault, par le directeur national de santé publique, Dr Arruda, par la vice-première ministre Geneviève Guilbault, entre autres, souvent sans égard au réel, et la plupart du temps juste avant que ça n’aille encore plus mal.

Peut-être aussi parce que c’est ce que cherche avant tout le politique : le contrôle. Surtout quand on manque d’imagination.

Quand on enferme les gens chez eux, on « contrôle ». Quand on leur donne des outils pour mieux passer à travers la pandémie, on « contrôle » un peu moins. Ça suppose aussi de faire confiance à ceux qu’on dirige, au moins à la majorité raisonnable d’entre nous. Parce que les autres, de toute façon, on ne les « contrôlera » jamais.

Et la confiance n’est manifestement pas un réflexe naturel chez nos politiciens.

En tout cas, c’est moins naturel que le contrôle. Ou le déni, comme le montre ce qui suit.

(Note : Les références aux cas correspondent au nombre de cas rapportés à ce moment. Pour les décès, le chiffre correspond aux décès totaux, répartis à leur date réelle, selon l’INSPQ.)

***

1- « Pour le moment, la pandémie est sous contrôle. »

-François Legault, 12 mars 2020.

Le Québec avait rapporté moins de 20 cas au total, à ce moment. La veille, l’Organisation mondiale de la santé avait déclaré l’état mondial de pandémie. Plus de 100 000 cas avaient été recensés dans une centaine de pays.

2- « La situation est sous contrôle »

-Horacio Arruda, 20 mars 2020.

Douze jours plus tôt, le huit mars, le chroniqueur André Picard, au Globe and Mail, titrait une chronique « Senior care facilities are especially vulnerable to COVID-19 outbreaks » (« Les foyers pour aînés sont particulièrement vulnérables aux éclosions de covid-19 »), dans laquelle il notait que « des drapeaux rouges doivent se lever ailleurs, en focalisant sur la protection de nos aînés vulnérables – ceux de 75 ans et plus – et de ceux qui les soignent, particulièrement ceux dans les établissements qui peuvent facilement devenir des incubateurs pour la pandémie. »

Le 13 mars, Mylène Drouin, directrice de la santé publique de Montréal, demandait à Dr Arruda un isolement rétroactif pour les travailleurs de la santé qui étaient revenus de voyage et présentaient des symptômes, afin qu’ils évitent de contaminer des patients. Ça n’est jamais arrivé.

3- « La situation est sous contrôle »

-Geneviève Guilbault, 28 mars 2020.

4- « C’est sous contrôle »

-François Legault, 29 mars 2020

Deux jours plus tard, on rapportait des cas dans plus de 400 établissements où demeurent des aînés. Le feu de brousse allait s’étendre. La courbe des cas (ci-dessous) montrait aussi que le nombre de cas montait bien plus vite au Québec que dans plusieurs pays.

En plus, ce graphique montre l’évolution du nombre absolu de nouveaux cas. En proportion de la population, la covid se répandait à une vitesse encore plus fulgurante au Québec.

5- « La situation est sous contrôle »

-Horacio Arruda, 30 mars 2020.

Le directeur national de santé publique a précisé que le profil actuel des décès était « attendu », puisqu’il s’agissait d’aînés demeurant en résidence ou en CHSLD, puis ajouté qu’« en termes de taux d’attaques, d’hospitalisation, on est en deçà de ce qu’on observe ailleurs ». Ça n’avait aucune base factuelle, comme le graphique précédent l’a montré.

Formulé ainsi, ça laissait aussi entendre que les morts en CHSLD étaient une conséquence prévue par la santé publique lorsqu’elle y a transféré plein de patients provenant des hôpitaux. Avec le recul, on comprend que c’est le modus operandi de Dr Arruda de répéter qu’il a toujours tout prévu.

6- « C’est sous contrôle »

-François Legault, 15 avril 2020, répondant à une question d’un journaliste sur la situation dans les CHSLD.

Le Québec avait rapporté au total moins de 500 décès jusque-là. Le lendemain, on rapportait pour la première fois plus de 100 décès en une journée. Plusieurs autres journées de 100 décès ou plus allaient suivre.

7- « Dans les hôpitaux, la situation est vraiment sous contrôle, vraiment en train de se stabiliser. »

François Legault, 16 avril 2020.

Le 15 avril (les données qu’avait M. Legault en main à ce moment), 975 hospitalisations étaient en cours. Trois semaines plus tard, le 5 mai, c’était plus de 1600.

8- « La situation est sous contrôle dans la majorité des CHSLD »

-Communiqué du gouvernement du Québec citant le premier ministre Legault, 21 avril 2020

Le même jour, en point de presse, François Legault se lance dans une longue démonstration chiffrée pour expliquer que « la situation, on calcule qu’elle est sous contrôle » dans les résidences et CHSLD (qu’il semble confondre).

Plus de 2500 morts ont été recensés dans les CHSLD dans le mois et demi qui a suivi, plusieurs dans des conditions qu’on aurait crues impossibles chez nous. Plus de 600 autres ont été ajoutés dans les résidences pour aînés.

9- « On a le monde des CHSLD puis on a le reste de la société où la situation est pas mal sous contrôle. »

-François Legault, 23 avril 2020

Le premier ministre ajuste le tir sur ce qu’il a dit deux jours avant. Il a répété la même chose le lendemain.

10- « La situation est sous contrôle partout »

– François Legault, 4 mai 2020.

Près de 3000 décès ont été recensés dans le mois et demi qui a suivi.

11 – « La situation est stable, elle est sous contrôle. (…) on continue de surveiller avec beaucoup, beaucoup de vigilance parce qu’on est encore dans cet état d’esprit où on doit limiter autant que possible les effets d’une éventuelle deuxième vague. »

-Geneviève Guilbault, 20 juillet 2020

Cette fois, c’était vrai. Ça a cessé de l’être à l’automne.

12 – « Je pense qu’on encore dans une situation qui est sous contrôle »

-François Legault, 10 septembre 2020

Le Québec s’apprêtait à être frappé de plein fouet par la deuxième vague alors que le nombre de nouveaux cas approchait les 200 par jour, après être descendu autour de 70 au plus creux de l’été.

13- « La situation actuellement est sous contrôle »

-François Legault, 1er octobre 2020, en parlant des résidences et CHSLD.

2500 décès se sont ajoutés dans les résidences et CHSLD entre la fin de l’automne et le début de l’hiver.

14- « La situation est quand même sous contrôle, là, dans les résidences [et CHSLD], incluant les RPA. »

-François Legault, 8 octobre 2020

Le premier ministre répondait à une question d’une journaliste sur la situation dans les résidences. Plus de 1000 Québécois sont morts de la covid dans les résidences au cours des mois qui ont suivi. La vaccination a permis d’éviter que ce soit pire.

15- « C’est sous contrôle »

-François Legault, 29 octobre 2020

Le Québec rapportait alors environ 1000 nouveaux cas, chaque jour.

16- « Le Bas-Saint-Laurent est de retour sous contrôle »

-François Legault, 10 novembre 2020

Dans les jours qui ont suivi cette affirmation, le Bas-Saint-Laurent a connu ce qui était sa plus forte éclosion de cas de toute la pandémie, du moins jusque-là.

17- « Quand on vous dit que la situation est sous contrôle dans les CHSLD, c’est non seulement le nombre de cas, mais le nombre de CHSLD qui sont en [situation] critique. »

-François Legault, 24 novembre 2020

Plus de 1000 Québécois sont morts dans les CHSLD au cours des deux mois suivants. N’eût été du vaccin, ç’aurait été sans doute beaucoup plus.

18- « La situation dans les hôpitaux est quand même sous contrôle »

-François Legault, 26 novembre 2020

Les hospitalisations venaient de grimper de 30 % en trois semaines.

Quelques jours avant, le directeur du département de microbiologie et d’immunologie au CUSM avait averti que « Ce ne sera pas pic, mais une flambée. Ce sera un test pour nos hôpitaux. Je ne suis vraiment pas certain que c’est ce que nous voulons. Quels seront les effets sur les cancers, sur les chirurgies, électives et autres? ».

En janvier, de façon prévisible, nos hôpitaux ont frôlé le point de rupture.

19- « C’est encore sous contrôle »

-François Legault, 26 mars 2021.

Le nombre de cas rapportés allait presque doubler au cours des trois semaines qui ont suivi. C’était annoncé par les données du gouvernement du Québec, qui montraient une forte progression des nouveaux variants, plus contagieux.

20- « C’est encore sous contrôle »

-François Legault, 31 mars 2021

M. Legault parlait alors des hospitalisations, qui avaient tout de même augmenté de 40 % au cours des trois semaines qui ont suivi.

21- « Tout est sous contrôle »

-François Legault, 6 avril 2021

M. Legault faisait alors demi-tour sur des allègements consentis deux semaines plus tôt. Des centaines d’écoles et des milliers de commerces ont été fermés d’urgence. Avril était devenu « le mois de tous les dangers ».

Deux semaines plus tôt, dans une déclaration maintenant fameuse, le premier ministre soutenait que « le Québec résiste au variant, le Québec résiste à la troisième vague ».

22- « Pour l’instant, la situation est sous contrôle »

-François Legault, 8 avril 2021, à propos de Montréal et Laval.

C’était vrai. Par contre, si la situation est demeurée stable à Montréal au printemps, c’est que la direction régionale de la santé publique avait pris les choses en main, sous le leadership de Mylène Drouin, et sans attendre que la direction nationale sorte de son hibernation. On a revu le traçage dès les premiers cas de variant Alpha. On a fermé des classes et même des écoles entières dès la découverte de cas positifs au Alpha. Et on a vacciné de façon préventive les profs et les parents dans certains quartiers, créant dans les faits un cordon sanitaire autour des élèves et des écoles.

Bref, si Montréal avait réussi à bien faire, c’était grâce à la santé publique régionale, qui avait cessé d’attendre une forme de leadership de la direction nationale.

***

Avançons maintenant à la 4e vague, en décembre, alors que les cas avaient amorcé une remontée que plusieurs experts jugeaient inquiétante, compte tenu de notre faible niveau de préparation et de la grande fragilité du réseau de la santé à ce stade-ci de la pandémie.

La hausse des cas était visible depuis la fin octobre et s’était poursuivie en novembre. Le 15 novembre, on a malgré tout relevé les limites dans les bars et les restaurants, et cessé de recommander le télétravail. Dans les écoles primaires, le nombre de cas augmentait de façon exponentielle.

23- « C’est vraiment sous contrôle. »

-François Legault, 1er décembre 2021, à propos des 239 hospitalisations en cours au Québec, un nombre qu’il estime alors « relativement bas ».

M. Legault estimait aussi que les Québécois allaient pouvoir passer un « beau Noël » si les cas se maintenaient autour de 1200 par jour et que les hospitalisations ne grimpaient pas plus. C’était essentiellement un souhait que la hausse en cours se résorbe d’elle-même. Et après presque de deux ans de pandémie, ça montrait au minimum une compréhension assez décalée de sa dynamique.

M. Legault a d’ailleurs utilisé l’expression « sous contrôle » au moins 5 fois en 14 minutes ce jour-là, selon Olivier Bossé, journaliste au Soleil.

24- « Le Québec est dans une ‟zone qui est sous contrôle” »

-François Legault, 10 décembre 2021, à propos des hospitalisations.

Le Québec venait de dépasser la barre des 2000 cas pour la première fois depuis janvier 2021. Les hospitalisations, elles, étaient en hausse depuis trois semaines, d’environ 25 %. On était plusieurs à avertir que la hausse des cas allait inévitablement se traduire par une hausse des hospitalisations, et que la hausse des cas allait elle aussi se poursuivre, puisque rien n’était fait pour la contrer.

***

Il y a eu d’autres affirmations dans même genre. Il n’était plus question de « contrôle » dans la formulation, mais le même aveuglement volontaire prévalait, le même déni. Le feu était pris, mais le gouvernement préférait voir une pluie de licornes.

Comme le 6 avril 2020, quand François Legault disait qu’« on voit peut-être la lumière au bout du tunnel », alors qu’on venait juste de s’engouffrer dans le tunnel et que les corps commençaient à s’empiler. Il y avait maintenant des cas dans des centaines de CHSLD et résidences du Québec.

Quelques jours plus tôt, Joanne Liu, ex-présidente de Médecins sans frontières, lançait un avertissement à savoir que « le Canada allait encaisser la pleine force d’une pandémie ». Dans les deux mois qui ont suivi, plus de 5000 Québécois sont morts de la covid.

Comme le 25 août 2020, quand le premier ministre avait qualifié le « plan » du gouvernement pour la réouverture des écoles de « complet » et de « solide », en réponse à une lettre d’experts affirmant que les mesures dans les écoles étaient insuffisantes, notamment en ce qui a trait au masque et à la ventilation.

La réalité, c’est qu’il n’y en avait pas de plan pour les écoles, à part de faire semblant que le virus n’existait pas. On l’a vu à l’automne 2020, à l’hiver 2021, et encore à l’automne 2021. Pourtant, dès l’automne 2020, il était évident que les écoles du Québec causaient problème, quand on comparait avec le nombre de cas dans les écoles de l’Ontario.

Comme le 17 novembre 2020, lorsque M. Legault a affirmé que le Québec « est en train de gagner la bataille de la deuxième vague ». On ne « gagnait rien ». Le nombre de cas rapportés venait d’augmenter de plus de 30 % en seulement trois semaines. On approchait les 30 morts par jour, ça montait sans cesse, et c’était facile à voir que ça allait continuer de monter si on ne changeait rien.

Dans les trois mois suivants, plus de 2500 autres Québécois sont morts de la covid, et de nombreux autres seraient morts, n’eût été vaccin. Nos hôpitaux ont frôlé le point de rupture. Le Québec n’a « gagné » aucune bataille à l’automne 2020. On a juste été chanceux que le vaccin arrive.

Comme le 6 avril 2021, quand M. Legault disait de la montée du variant Alpha que « c’était un peu surprenant ». Ça n’avait pourtant rien d’une surprise. À peu près tout ce qui existe d’experts au Québec avait averti que la 3e vague allait frapper, comme en Europe et ailleurs au pays. Même l’INSPQ (qui fait partie du ministère de la Santé) et le Collège des médecins étaient sortis de leur réserve pour dire que les mesures sanitaires étaient insuffisantes. Le gouvernement avait persisté dans les allègements, avant de faire demi-tour et d’appuyer sur le frein d’urgence.

C’était aussi assez facile à voir avec les données de criblage du gouvernement, qui montraient la montée irrésistible du variant Alpha, que j’ai moi-même illustrée dans des graphiques.

Le pire exemple de déni du politique est peut-être survenu le 15 juin 2020, quand M. Legault a osé soutenir que « sans les décès en CHSLD, ç’aurait été une victoire sur toute la ligne. »

Cette déclaration ne résistait pas aux faits. Sur les 5493 décès recensés au Québec au 14 juin 2020, 1674 avaient eu lieu hors des CHSLD. Même en excluant les résidences (902 morts), cela laissait 772 décès, plus que bien des pays et provinces au même moment de la pandémie.

Dans le contexte, aussi, c’était plus qu’indécent, c’était révoltant. Ça n’était pas que le fait de la CAQ. Mais ça n’avait rien d’une « victoire ». Au contraire, le Québec en entier s’est fait mettre le nez dans le caca pour sa façon dont il traite les plus vulnérables d’entre nous.

Pour tenter de minimiser l’ampleur du désastre, le politique a diminué la valeur des vieux qui avaient eu le malheur de finir leurs jours au mauvais endroit…

***

Le premier ministre et le ministre de la Santé ont utilisé à plusieurs reprises des métaphores militaires pour parler de notre « guerre » contre le virus. C’est vrai, à plus d’un égard.

On a déjà dit que la première victime de la guerre, c’était la vérité.

La guerre à la covid-19 n’est manifestement pas si différente.

Et les mensonges que l’on croit restent des mensonges.

-30-

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12 réponses

  1. OUF!
    Le déni va encore plus loin que ça. Lors du point de presse annonçant le reconfinement nocturne, Legault a dit ceci: « Il n’y a pas lieu de croire qu’on est dans une situation pire qu’ailleurs »
    Ah oui? Remarquez que dans ses somparaisons, il se limite toujours aux États ou provinces qui, soit-disant, seraient dans un « pire » état que nous.
    Et si on se comparait à ceux qui s’en tire beaucoup mieux que nous ?
    Que font Taiwan, la Nouvelle Zélande, d’autres pays de l’Asie de l’Est pour s’en tirer vraiment beaucoup mieux que le Québec suivant une stratégie bien différente ?
    Aujourd’hui à Taiwan : 25 nouveaux cas, Omicron inclus !
    Voir: https://www.cdc.gov.tw/En
    Sans confinements, lockdowns, fermetures d’écoles ou de commerce, etc. depuis le début de la pandémie, et seulement 850 décès dus à la COVID !

    On pourrait ajouter « pire » encore (peut-être): le mépris de la science

    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/657909/idees-le-mepris-de-la-science-freine-le-combat-du-quebec-contre-la-covid-19

  2. Vous nous offrez aujourd’hui une condamnation merveilleusement documentée des errances de de l’administration Legault dans la gestion de cette pandémie. J’espère que les leaders de la société civile et les partis d’opposition fréquentent votre blogue et vont s’en inspirer. Ce gouvernement mérite une critique articulée et constructive, mais aussi sévère et sans complaisance. La médias traditionnels doivent aussi jouer rôle qu’ils ont abandonné depuis des mois. Heureusement que les québécois peuvent trouver sur le web des blogues comme le vôtre ou le fil twitter d’André Noël en guise de contrepoint au discours lénifiant de la majorité des chroniqueurs et analystes des grands médias.

  3. Retournez dans le passé, relisez les unes des journaux il y a 10 ans, 15 ans; à chaque hiver, les hôpitaux du Québec sont surchargés, les urgences débordent de cas de grippes, de rhume, de pneumonies, etc. C’est cyclique, c’est saisonnier, c’est récurrent. C’est révélateur de la fragilité du système de santé québécois, facilement débordé. Ce qui est nouveau avec la COVID est qu’il y a maintenant moins de personnel et le personnel restant doit s’habiller en astronaute entre chaque patient. Bref, ça congestionne encore plus. Le goulot d’étranglement étrangle encore plus. Le système de santé au Québec est en faillite. Plus d’argent ne résoudra pas le problème. Il faudrait tout refaire. Pour la COVID, les personnes les plus à risques demeurent les personnes âgées avec des facteurs de co-morbidité : obésité, problèmes cardiaques, haute pression artérielle, diabète, fumeurs, etc. Si la personne en CHSLD présente certains de ces facteurs, est hyper-médicamentée et que soudainement ses médicaments, ses 10 pilules par jour, sont retirées, que les repas ne sont plus servis durant une semaine, qu’elle n’a rien à boire, quand sa couche est pleine, on rajoute une 2ième couche par-dessus, faute de préposé.e.s, ensuite une troisième – allo les infections urinaires – ne soyez pas surpris de la sur-mortalité en CHSLD. Pas besoin d’être directeur de la santé publique ou Ministre de la santé pour savoir que ce qui avait frappé l’Espagne et l’Italie dans l’équivalent des CHSLD, allait aussi frapper les CHSLD québécois quelques semaines plus tard. Où était l’INSPQ? Par contre, nous sommes au Québec, personne ne sera jamais responsable, imputable, sauf peut-être la petite madame qui a appelé à l’aide les CIUSSS et autres et n’en a pas reçue. Aujourd’hui, la stratégie du gouvernement Legault et de son ministre de la santé repose uniquement sur la vaccination, maintenant déjà une troisième dose (allo l’efficacité!), et son corollaire, la diabolisation des non-vaccinés, les nouvelles sorcières de Salem. Un bouc émissaire, diviser pour régner, permet de bien camoufler les multiples errements de son gouvernement.

  4. Un article intéressant dans le New York Times de ce matin:

    https://www.nytimes.com/2022/01/08/world/europe/coronavirus-omicron-biden-boris-johnson.html

    Au point où nous en sommes, j’ai l’impression qu’aucune mesure ne parviendra à stopper la propagation de l’épidémie dans la population québécoise. Les statistiques, qui sont catastrophiques et qui désormais ne révèlent que la pointe de l’iceberg des contaminations, semblent le démontrer. Et sans même consulter les données officielles, les Québécois voient depuis Noël les cas se multiplier autour d’eux. Depuis trois semaines, j’ai pu compter une dizaine de malades autour de moi. C’est la première fois que ça arrive depuis deux ans. Les mesures préventives, aussi contraignantes soient-elles, apparaissent de plus en plus inefficaces au commun des mortels. Le virus est en voie de banalisation dans la conscience collective. De la dizaine de cas autour de moi, aucun ne s’est révélé grave. Ils ont même été plutôt bénins (maux de gorge, toux). La force du variant Omicron est aussi psychologique: il provoque des haussements d’épaules et amène le plus docile des citoyens à trouver que certaines des mesures imposées par l’État sont des atteintes injustifiées aux libertés individuelles.

    • Vous avez raison, le gouvernement joue dans notre tête, et ça fonctionne une fois et avec des preuves solides,pas juste des parole en l’air.

  5. Lu votre tweet sur la différence entre les éclosions dans les écoles au Québec et en Ontario. Je me demande… se peut-il que l’Ontario ait juste moins testé? Sinon, comment expliquer qu’ils ait deux fois plus d’hospitalisations à l’USI qu’au Québec? La COVID qui circule en Ontario est plus virulente? C’est bien de regarder les chiffres. Il faut juste tous les regarder…

    • L’Ontario teste un peu moins. Pour les hospitalisations aux soins intensifs, ce n’est pas tout à fait deux fois plus, et c’est proportionnellement un peu plus que le ratio de la population.
      C’est ainsi depuis le début de la pandémie. Même quand les cas, les hospitalisations et les décès sont plus élevés au Québec, les soins intensifs sont sous-pondérés par rapport aux autres grandes provinces.
      C’est aussi le cas présentement: les hospitalisations régulières sont beaucoup plus élevées au Québec qu’en Ontario, en proportion.
      Les décès aussi, ce qui ne ment pas.
      Comme vous dites, il faut regarder tous les chiffres…

  6. Je suis accro à votre blogue,bloque, dites la vérité et sans filtre,merci.

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  1. Mercredi 5 janvier 2022 - Revue de presse de l'AMOM - Association des médecins omnipraticiens de Montréal
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