Le nombre de cas est-il «stable»?

En point de presse mardi, le ministre Dubé a dit que le niveau des cas est «relativement stable, et c’est encourageant». En fait, on est passé de 153 cas en moyenne le 2 août à 537 au 30 août, données de mardi.

Ça va affecter les hospitalisations aussi.

Le nombre réel de cas est sans bien doute plus élevé que le décompte officiel, puisque le taux de positifs a augmenté. En deux mois, on est passé d’un creux de 0,4 % à 2,7 % présentement. Autrement dit, on échappe plus de cas.

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Le nerf de la guerre reste les hospitalisations. Elles ont doublé en trois semaines. Comme elles suivent les cas en retard, et que les cas vont sans doute augmenter, on peut s’attendre à plus d’hospitalisations. On est d’ailleurs en avance sur l’an dernier, au même point.

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Un point important mentionné par M. Dubé est que la capacité covid des hôpitaux est atteinte de 15 à 25%, selon la région. C’est 25% à Montréal. Ça signifie qu’on va atteindre 100% si les hospitalisations doublent deux fois. Comme on vient de voir, c’est plus que possible.

L’Alberta montre qu’il est encore possible de connaître une forte vague d’hospitalisations, même dans une population largement vaccinée. L’Alberta a présentement 400 hospitalisations. En proportion, c’est le même niveau qu’au Québec, début décembre 2020. Et ça monte encore.

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Même si les hospitalisations covid touchent très majoritairement les non-vaccinés, elles nous affectent tous. Chaque fois qu’un patient covid occupe un lit, il prend la place d’un autre. Depuis un an, des milliers de chirurgies et de traitements ont été reportés.

Sachant cela, que fait-on?

La réponse est toujours la même: tout ce qu’on peut. Avec l’Alberta, le Québec est la seule province où les universités n’exigent pas d’être vacciné ou de tester négatif pour accéder aux campus. Ça va entraîner des cas et des hospitalisations évitables.

Les tests rapides sont enfin déployés à l’école, mais de façon hésitante, comme s’il s’agissait d’un traitement dangereux. Et on ne va tester que les élèves qui présentent des symptômes, alors qu’avec Delta, le gros de la transmission a lieu avant. C’est une erreur.

On aime croire que les jeunes ne seront pas touchés par une nouvelle vague de cas dans les écoles. C’est sous-estimer les effets de la covid longue, bien documentés et potentiellement très handicapants, même chez les jeunes. Plus d’un million d’enfants ne sont pas vaccinés.

La vaccination devrait être obligatoire pour tout le personnel des écoles. C’est autant pour la santé des élèves que pour s’assurer que leur automne puisse se dérouler relativement normalement. C’est le minimum à faire pour les moins de 12 ans, qui ne peuvent être vaccinés.

On doit se demander pourquoi nos écoles ne sont toujours pas équipées de purificateurs d’air. Ça ne règle pas tout, mais ça aide. Il n’y a aucune excuse pour que ça ne soit pas encore réglé après un an. D’ailleurs, certaines écoles privées en ont depuis la rentrée 2020.

Le Québec fait exceptionnellement bien pour la vaccination. Ce succès cache plusieurs angles morts, le principal étant une hésitation inexplicable à utiliser tous les moyens à notre disposition, dès que possible. On n’est pas obligés d’attendre que la situation se dégrade.

On s’entend qu’il est peu probable que l’on revienne aux niveaux d’hospitalisations de l’an dernier. Heureusement. Nos soignants et nos hôpitaux ne pourraient pas le prendre. Ça ne veut pas dire qu’on ne devrait pas faire tout ce qui est possible pour contrer le virus.

L’histoire de la pandémie se répète depuis les premiers cas: même quand on a des signaux clairs et répétés, on attend trop avant de réagir.

Il y a de grosses questions à poser sur notre capacité à anticiper et décider. La question ne se pose d’ailleurs pas qu’au Québec.

Trop souvent, on a pris comme excuse le fait que d’autres endroits ont été frappés aussi durement que nous, même plus, comme si c’était inévitable. Ce qui manque à ce jour, c’est le réflexe et l’humilité de se demander comment ont fait ceux qui s’en sont mieux tirés.

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Catégories :Covid-19

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