
Scoop épeurant mais nécessaire d’Aaron Derfel, montrant où le taux de mortalité aux urgences est le plus élevé à Montréal.

Ça vaut la peine de reprendre les données pour les présenter d’une façon plus visuelle.
L’Hôpital du Lakeshore, qui a fait la manchette l’an dernier à la suite d’une série de décès évitables, arrive en tête de liste du palmarès morbide pour l’année en cours, dont les données ont été compilées pour les neuf premiers mois.

Par contre, lorsque l’on regarde la moyenne des trois dernières années, c’est l’Hôpital du Sacré-Cœur qui arrive en tête, suivi du Lakeshore, de Maisonneuve-Rosement, du Royal-Victoria et de Santa-Cabrini.

Certains diront que c’est sensationnaliste. Je leur répondrai que c’est essentiel afin de pouvoir cibler les problèmes, se poser des questions difficiles et s’améliorer.
Évidemment, les comparaisons entre les différents hôpitaux sont imparfaites. La mortalité à l’urgence est affectée par le type de clientèle, le volume de soins, le personnel disponible, et bien d’autres facteurs, dont la vocation des hôpitaux : le rôle d’un hôpital comme celui du Sacré-Cœur, qui héberge un centre de traumatologie, est assez différent de celui d’un hôpital comme Saint-Justine ou encore celui d’un établissement de soins en santé mentale, comme l’Institut Douglas.
Il reste que la mortalité à l’urgence est également affectée par la qualité des soins offerts (à ne pas confondre avec la qualité du personnel soignant). Si des infirmières, des médecins et tous ceux qui s’occupent des patients sont constamment débordés – plus qu’ailleurs –, s’il manque plus de personnel, si plus de patients se présentent, les conséquences peuvent être mortelles.
La durée de séjour a elle aussi un impact important. Une étude française a montré que passer une nuit entière à l’urgence augmentait les chances d’y mourir.
Les méthodes de travail et la culture d’un établissement comptent aussi. Il est intéressant de noter le cas de l’Hôpital général juif, dont les urgences sont les plus achalandées au Québec. Cet hôpital se distingue aussi par une proportion de cas lourds aux urgences, puisqu’il est un des rares à avoir une plus grande proportion de patients sur civières que de patients ambulatoires (dont la condition est généralement moins grave).
Pourtant, toutes proportions gardées, l’Hôpital général juif présente un taux de mortalité aux urgences relativement bas pour l’année en cours, de 1,2 par 1000 patients. En comparaison, le taux de mortalité à l’urgence de Lakeshore est presque trois fois plus élevé, à 3,4 par 1000 patients.
Près de quatre millions de Québécois se rendent aux urgences chaque année. Pour faire une moyenne très grossière, c’est environ 40 000 patients par hôpital.
Une variation d’un taux de mortalité de 1,0 par 1000 patients peut représenter des dizaines de décès supplémentaires dans un seul hôpital.
Si toutes les urgences de Montréal avaient un taux de mortalité semblable à celle de l’Hôpital général juif, ou encore du CHUM, des centaines de décès pourraient être évités chaque année.
Le texte d’Aaron est ici. Je vous invite à le lire.
-30-
Votre appui fait toute la différence!
Ce média indépendant est entièrement sociofinancé. Vous pouvez me soutenir en cliquant ici.
Catégories :Santé
Quand les médecins manifestent
« Je suis inquiète et j’ai honte »
Le militantisme médical peut être mortel
Les hidjabs, la médecine privée et le courage politique
Si les infirmières sont débordées…….et pourquoi pas inclure les médecins et les autres intervenants parmi ceux qui sont débordés à l’urgence .
Aucune raison particulière, ce n’était qu’un exemple. J’ai ajusté.