Vaccination du personnel de la santé : qui retarde le groupe?

Parmi le personnel de la santé au Québec, quelle catégorie compte la plus grande proportion de travailleurs adéquatement vaccinés? Et qui traine la patte?

Les données de l’INSPQ permettent de tracer le portrait.

Étonnamment, ce ne sont pas les médecins, mais les cadres, qui sont les plus nombreux à être adéquatement vaccinés (deux doses ou une dose + infection), à 97,3 %. On ne pourra pas accuser les gestionnaires du réseau de ne pas donner l’exemple!

L’écart est cependant mince avec les médecins, vaccinés à 97,1 %.

Le reste de la liste demeure intéressant puisqu’il permet de dégager une tendance assez forte, à savoir que le taux de vaccination est assez fortement lié au niveau d’instruction, à une exception notable.

(La même attitude face aux vaccins a été observée dans la population en général.)

Les cadres, médecins et pharmaciens sont logiquement les plus vaccinés dans le réseau de la santé, à 96 % et plus.

Les inhalothérapeutes suivent, à 95,3 %. Contrairement aux catégories précédentes, les inhalothérapeutes ne doivent pas avoir réussi d’études universitaires. Par contre, ils travaillent souvent aux soins intensifs auprès de patients branchés sur des respirateurs, ce qui leur procure une perspective aigüe des complications liées à la covid…

Le personnel technique et les infirmières viennent ensuite, vaccinés adéquatement à respectivement 93,0 % et 92,4 %, un pourcentage qui augmentera sans doute à mesure que l’échéance du 15 octobre pour la vaccination obligatoire va approcher.

Le personnel de bureau est légèrement sous les 90 % (88,9 %).

Les infirmières auxiliaires ne sont vaccinées qu’à 85 %, pratiquement le même taux que la population des 12 ans et plus en générale, adéquatement vaccinée à 84,5 %, toujours selon les données de l’INSPQ.

C’est quand même étonnamment peu élevé pour des employés qui côtoient la maladie au quotidien, et qui ne peuvent pas ne pas avoir constaté les ravages de la covid depuis un an et demi.

C’est encore plus bas à Montréal (81,1 %) et Laval (80,8 %), où presque une infirmière auxiliaire sur cinq n’était toujours pas vaccinée adéquatement au 21 septembre.

La surprise arrive à la fin. À peine 76,2 % des sages-femmes sont vaccinées adéquatement, les trois-quarts. Pourtant, cette profession exige une formation universitaire de quatre ans.

Comme quoi il n’y a pas de vaccin contre les croyances déplacées…

Le portrait complet de la vaccination, par type d’emploi, d’établissement de santé, région et tranche de population, est disponible dans les vigies hebdomadaires de l’INSPQ, disponible sur cette page.

P.S. À ceux qui cherchent le taux de vaccination des préposés aux bénéficiaires, il n’est pas isolé dans les documents de l’INSPQ.

Lorsqu’on regarde le personnel paratechnique, auxiliaires et métiers des CHSLD (qui inclut notamment les infirmières auxiliaires et les préposés aux bénéficiaires), le taux de vaccination est de 87,4 % au public et 85,8 % dans le privé conventionné. Le personnel de bureau, lui, est davantage vacciné dans le privé conventionné (89,4 %) qu’au public (87,2 %).

-30-

Ce blogue indépendant est entièrement sociofinancé. Vous pouvez contribuer à le soutenir en cliquant ici, et en apprendre davantage sur mon engagement ici.



Catégories :Covid-19

Tags:

7 réponses

  1. Comment faites-vous pour isoler les statistiques concernants les sages-femmes?
    Merci

  2. Les informations que vous publiez sont erronées. Le Regroupement Les Sages-femmes du Québec, l’association professionnelle qui représente les sages-femmes du Québec, a fait le travail méticuleux de compiler les données des sages-femmes actives adéquatement vaccinées. Actuellement, le taux s’élève à 89%.

    Les données publiées par l’INSPQ, telles que mentionnées lors de la commission parlementaire, incluent des sages-femmes actives mais aussi inactives, aux études et à la retraite, en date du 31 mars 2021. Ces données ne reflètent donc pas le taux de vaccination chez les sages-femmes en pratique clinique. Les bonnes données ont été partagées entre temps au MSSS et à l’INSPQ.

    Nous vous invitons à modifier votre article en conséquence. Il est facile de cibler un groupe, en particulier les sages-femmes, des professionnelles encore méconnues au Québec, et d’émettre des jugements à leur sujet. Tout comme plusieurs autres journalistes l’ont fait dans les dernières semaines depuis la publications des chiffres de l’INSPQ au mois d’août, nous vous invitons à nous contacter si vous avez des questions ou souhaitez confirmer des informations avant leur publication. Merci d’avance

    • Merci pour votre commentaire, je vais y revenir demain.

    • Bonjour,
      Pour faire suite.
      Les données que j’utilise, comme vous le savez, sont celles de l’INSPQ, qui indique qu’elles sont à jour au 21 septembre.
      Je trouve intéressant que vous mentionniez le taux de vaccination chez les sages-femmes actives, plus élevé.
      Ceci dit, je présume que c’est la même méthodologie pour tous les ordres professionnels, i.e. le taux de vaccination des membres, qu’ils soient actifs ou non auprès des patients.
      Quel est ce taux pour toutes les sages-femmes? Vous ne le mentionnez pas.
      Votre affirmation selon laquelle les statistiques de l’INSPQ concernant la pleine vaccination des sages-femmes dateraient du 31 mars me semble improbable, puisque la deuxième dose n’a commencé à être donnée aux travailleurs de la santé qu’à partir d’avril, en raison de l’intervalle de seize semaines entre les deux doses.
      https://www.msss.gouv.qc.ca/ministere/salle-de-presse/communique-2676/
      N’hésitez pas à me faire signe si j’ai raté quelque chose.

  3. Mr Déry, nous vous avons contacté en privé mais n’avons pas eu de retour de votre part depuis plusieurs jours.

    Concernant la liste en date du 31 mars, c’est celle qui répertorie les sages-femmes membres de leur Ordre. C’est à partir de cette liste que quelques semaines plus tard l’INSPQ a compilé les données de vaccination pour en déduire un pourcentage. Or cette liste inclut de nombreuses sages-femmes inactives ou qui ne sont plus en pratique. Pour la méthodologie des autres ordres professionnels, nous ne savons quelles données ont été initialement transmises à l’INSPQ et ne pouvons donc pas comparer. Dans tous les cas, le chiffre qui importe au final dans votre article est celui du personnel de la santé actuellement en contact avec les patients ou la clientèle. En espérant que cela vous éclaire et évite de continuer de propager des informations erronées et des préjugés.

Rétroliens

  1. Vaccination du personnel de la santé : qui retarde le groupe? | Blog.CarlRobitaille.org

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.