Les écoles accélèrent la transmission… sauf si

La rentrée d’automne a été accompagnée d’une hausse importante des cas, qui a d’abord ralenti dans la population, et qui semble ralentir maintenant dans les écoles.

Plusieurs d’entre nous s’attendaient à une explosion des cas dans les écoles suite à la rentrée, bien au-delà de la hausse que l’on a connue, en raison de la qualité de l’air toujours déficiente dans plusieurs écoles du Québec.

Quels facteurs ont pu jouer? Le masque a été réintroduit avant la rentrée, contrairement à ce qui avait été envisagé au départ. Des tests rapides ont été introduits, quoique timidement, mais ils ont tout de même ajouté un outil qui n’était pas là. L’implantation du passeport vaccinal a peut-être aussi servi à couper la transmission des adultes non vaccinés à des enfants qui pouvaient ramener le virus à l’école.

Le taux de vaccination très élevé au Québec est peut-être un facteur plus important que ce qu’on avait cru au départ.

Le magazine The Economist a comparé l’effet de la rentrée scolaire aux États-Unis dans différents comtés, en tenant compte de la contamination dans chacun des ces comptés avant le retour à l’école.

Le fait que la date de la rentrée varie beaucoup entre les États (mi-juillet pour le Texas, mi-septembre pour New York) facilite l’isolation de la rentrée d’autres variables.

L’effet de la rentrée, illustré dans le graphique ci-dessus, est clair : le nombre de cas dans un compté donné est en moyenne bien plus élevé après la rentrée que ce qu’il aurait dû être. Dans les comptés où la rentrée n’a pas eu lieu, l’évolution de la transmission progresse au rythme attendu.

Ça, c’est la moyenne, l’équivalent mathématique d’avoir un pied dans l’eau bouillante et l’autre dans l’eau glacée.

Dans le détail, on voit d’énormes différences.

Dans les comtés avec un faible taux de vaccination dans la population (de 12 ans et plus, puisque les jeunes enfants ne sont pas vaccinés), l’effet de la rentrée a augmenté davantage la transmission.

Dans les comtés où le taux de vaccination est très élevé, la rentrée a eu peu d’impact. Dans certains cas, le nombre de cas a même baissé.

Évidemment, les États où le taux de vaccination est moins élevé peuvent aussi moins favoriser les mesures sanitaires (dont le port du masque, que certains gouverneurs ont combattu).

On doit noter que l’Angleterre est elle aussi très largement vaccinée, et un nombre record d’enfants y sont présentement privés d’écoles, environ six à huit fois plus qu’au Québec, en proportion. Mais avec un relâchement généralisé des mesures sanitaires, qui favorise aussi une plus grande transmission chez les adultes…

N’empêche, il semble y avoir une assise sur le plan des données empiriques pour expliquer la baisse que l’on observe dans les écoles au Québec présentement.

Il reste à voir ce qui arrivera lorsqu’on fermera les fenêtres des classes quand la température d’octobre arrivera, ce qui semblait aussi préoccuper le ministre de la Santé, dans le point de presse tenu jeudi.

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Catégories :Covid-19

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